Brasserie Mollard


rue Saint Lazare
Le jour du Réveillon
Je me suis aventuré pour dessiner dans cette brasserie emblématique  de Paris.
Ne faisant que prendre une consommation j’ai été  placé dans l’antichambre d’où j’apercevais à distance la grande salle. Je n’ai pu admirer les mosaïques d’Italie, ni les décors des ateliers de Sarreguemines et le nouveau petit salon rose.
L’architecte Niermans a dessiné les décors fastueux évoquant Deauville, Saint-Germain-en-Laye, ville d’Avray, la gare Saint-Lazare qui après leur restauration de 1965 ont été rendus à leur état historique « fait de tons vert d’eau, bleu roi, dorés, de marbres beiges et marrons sur les grandes colonnes et tout autour des mosaïques anciennes. »
Il était préférable d’avoir réservé une table pour le réveillon sur le site de la brasserie.

Acrylique sur carton entoilé 24 x 30 cm
 
 








Restaurant La Rotonde

Chaussée de la Muette

Restaurant La Rotonde

En allant visiter le musée Marmottant je repère le restaurant La Rotonde qui a fière allure. Les tables sont toutes occupées par des convives.

Je reviens un après midi et je demande si on peut prendre une consommation. La jeune Maître d’Hôtel m’indique une table dans un vestibule. Je lui confesse que je suis venu avec l’intention de dessiner. J’espérais une vue élargie sur une salle.

Attendez un moment me dit-elle.

Quelques instants après je la suis par un circuit sinueux jusqu’à une table perchée au bout d’un passage d’où l’on profite de la vue d’ensemble sur la grande salle.

Je suis comblé. Je suis en même temps intimidé par le lieu qui est bien au-dessus de mes moyens. Bref tous les ingrédients préparant un dessin où j’ai quelque chose à risquer : me ramasser.

Merci au personnel de La Rotonde.

Acrylique sur carton entoilé 24 x 30 cm

Café La Source

rue du Surmelin

Je cherche à dessiner un lieu où se combinent des personnes vues de loin et de près, des personnes à l’intérieur et à l’extérieur, des vues directes de ces personnes et des reflets, des enfants et des parents, des jeunes et des vieux, des personnes détendues et des personnes surexcitées, des personnes désœuvrées et des personnes surmenées. La Source coche toutes les cases.

Acrylique sur carton entoilé 18 x 24 cm

Le marché de Belleville

J’avais peu de temps et je disposais d’un petit format.
Les deux contraintes sont compatibles.
J’ai simplifié de la vue. D’un côté la partie sombre et l’autre côté le boulevard, éclairé.
Il faut que ces grosses masses se complètent et s’accordent.

Sur la photo montrant le dessin et la vue on observe que la caméra de mon smartphone montre une vue élargie, (choisie par les ingénieurs de Samsung) tandis que mon dessin prend le parti d’un gros plan.

De loin il me semble plus aisé de dégager l’essentiel de l’accessoire.

Acrylique sur carton entoilé 20 x 20 cm

La Samaritaine

La Samaritaine
Rue de Rivoli
L’édifice a été réalisé par les architectes Kazuyo Sejima et Ryūe Nishizawa.
Ce qui m’a attiré c’est la vue des baies immenses sur la rue de Rivoli.
J’étais impressionné par le luxe de l’architecture et bien qu’il soit loisible de commander un café et de s’installer à une table j’appréhendais de sortir mon matériel et de me mettre derechef à dessiner comme si j’étais dehors.
La situation procure un frisson que j’associe avec le risque de s’engager dans une action qui peut fort bien échouer, se révéler navrante.

J’ai tellement pris mon temps que la nuit est tombée d’un coup. Ce qui rend la photo peu représentative du spectacle que je dessinais. De surcroît deux hommes se sont installés entre mon dessin et la vue, ce qui advient couramment lorsque je dessine sur le vif dans les lieux publics. J’ai dessiné celui qui me barrait la vue mais je n’ai pas transformé le dessin en une scène de nuit.

Acrylique sur carton entoilé 24 x 30 cm

Café La Vielleuse

Je suis retourné dessiner les deux hommes noirs. Ce sont des habitués de La Vielleuse. Moi aussi. Ils sont contents de se retrouver. Ils se donnent du réconfort. Ils se sont installés à la même place que l’autre fois, dans leur loge.

Cette fois j’ai pu les dessiner complètement.

Il y a néanmoins une petite lumière qui apparaît sur l’œil de l’homme de gauche qui fait qu’on dirait qu’il regarde vers moi et qu’il est comme méfiant. Il se demande ce que je manigance.

Encore une fois j’ai dessiné sur son visage une expression de ma propre inquiétude.

Lorsque les hommes se sont levés j’ai interpellé au passage le plus proche.

– Monsieur ! je vous ai dessiné avec votre ami !

Il me regarde. Il ne comprend pas.
– Quel ami ?
Je lui montre le dessin.
– Je vous ai dessiné avec votre compagnon

Il regarde le dessin de loin mais ne s’approche pas. Puis il sourit.

-Ah ! vous nous avez dessiné ?! C’est bien !
Merci !

Acrylique sur carton entoilé 18 x 24 cm

Café La Vielleuse

Cinq états d’un dessin

J’ai commencé par dessiner les deux hommes noirs au second plan. Ils sont comme dans une loge. Ils ne sont pas bien éclairés mais je suis fasciné par leur relation. Je suis trop éloigné pour entendre leur conversation.

À la fin une famille prend place devant moi. La maman, que j’ai dessinée, cache presque l’homme de droite au fond.

J’étais décontenancé comme lorsqu’on conduit sur une route dégagée et que surgit un obstacle. Il y avait  un malaise et je l’ai reporté sur le visage de la femme.

À un moment elle a sorti son bébé de la poussette. Elle l’a porté sur ses genoux. Je lui ai demandé la permission de la photographier avec son bébé, une enfant de 6 mois merveilleuse.
Je lui ai montré la photo sur l’ écran de mon smartphone.
« Voulez-vous que je vous envoie la photo » ?
« C’est pas la peine »

Comment faire pour faire tenir ma composition ?

Dans la photo que j’ai prise avec le dessin, elle est en train de scroller sur son smartphone. Les deux hommes derrière sont déjà partis.

J’ai essayé de lui baisser la tête. Je l’ai obscurcie puis éclaircie pour ne pas éteindre les deux hommes au second plan.

Difficile d’accepter les contradictions, les incompatibilités.

Acrylique sur carton entoilé 20 x 20 cm